Charge mentale des mamans actives : pourquoi « prendre du temps pour soi » ne suffit pas

  • Un baromètre YouGov commandé par Wecasa établit que 76% des femmes portent l’essentiel de la charge mentale domestique, contre 44% des hommes.
  • Une enquête Ifop menée en septembre 2024 auprès de femmes salariées confirme le même déséquilibre structurel.
  • Et celle de Sphinx réalisée mois auprès de 1061 Français va plus loin :
    • 88% des répondants se déclarent affectés par une charge mentale,
    • 40% par une charge mentale forte avec les femmes actives ayant des enfants en tête de ce dernier groupe.

3 enquêtes, 3 instituts, la même photographie. Les chiffres ne bougent pas, malgré des années de conseils identiques répétés sur tous les sites de mamans. Le problème n’est pas que vous n’appliquez pas ces conseils. Mais que personne ne vous dit comment faire pour que votre mental arrête de tourner pendant ce temps. Alors vous vous asseyez seule, vous prenez votre téléphone par réflexe, vous scrollez et le moment passe sans que rien n’ait vraiment changé. Au bien, vous essayez de fermer les yeux pour une sieste, mais c’est la TO-DO LIST qui tourne en arrière-fond.

Je vais dire quelque chose qui peut sembler étonnant : le temps, on en a plus qu’on en pense.

Le vrai problème, c’est la culpabilité. Cette petite voix qui dit qu’on : devrait profiter de ses enfants plutôt que de s’accorder ce moment, qu’on a encore dix choses à faire avant de pouvoir s’asseoir, qu’on ne « mérite » pas de pause tant que tout n’est pas terminé. Et comme tout n’est jamais vraiment parfait comme on le souhaiterait, la pause n’arrive jamais, ou elle arrive polluée par cette culpabilité qui l’empêche d’être vraiment réparatrice.

Et pourtant, une maman qui prend soin d’elle est une maman qui peut ensuite prendre soin des autres de façon plus sereine, plus présente. Ce cercle vertueux, je l’ai vécu et je le vois également chez les mamans actives que j’accompagne.

Femme occupée sur un ordinateur portable

« Prenez du temps pour vous » est une intention. Et ça ne suffit pas à faire taire un mental en surchauffe. Ce qui le permet, c’est une action concrète, qui occupe suffisamment pour que la tête suive.

Ce geste, je le pratique depuis 2021 et je l’enseigne depuis ma certification en 2023 : il s’agit du Zentangle, cette méthode de dessin relaxant.

Pas un loisir créatif de plus à caser dans un emploi du temps déjà plein. Un outil de régulation du système nerveux, documenté scientifiquement, qui prend la place exacte que d’autres pauses laissent vide.

  • Le geste répétitif active le système nerveux parasympathique.
  • Le rythme cardiaque ralentit.
  • Les pensées intrusives s’espacent.

On entre dans un état proche de la méditation sans avoir eu à « essayer de méditer », ce qui explique pourquoi tant de femmes qui ont testé la méditation classique sans succès trouvent dans ce geste quelque chose qui fonctionne enfin pour elles.

Tuile ronde Zentangle en forme de fleur mandala en noir et gris.
Mandala floral Zentangle aux nuances de noir, gris et blanc

Ce que je préfère dans cette pratique, c’est qu’elle ne vous demande pas de trouver un créneau précis dans votre journée. Elle se plie à ce que vous avez, pas l’inverse.

Vous avez cinq minutes entre deux urgences ? Le format bijou, un petit carré de 5 x 5 cm, se remplit vite et suffit à faire retomber la pression.

Vous avez un vrai moment de calme devant vous ? La tuile classique de 9 x 9 cm laisse plus de place pour s’installer dans le geste. Il n’y a pas de bonne durée. Il y a le temps que vous avez, là, maintenant, et un format qui lui correspond.

C’est très différent d’un conseil du type « bloquez une soirée par semaine », qui suppose un créneau que beaucoup de mamans actives n’ont tout simplement pas. Ici, pas besoin d’attendre le bon moment. Le bon moment, c’est celui que vous avez sous la main..

Le matin, avant que la maison se réveille. C’est le moment où le silence a quelque chose de particulier : un espace qui vous appartient complètement, avant que la journée commence à vous appartenir de moins en moins.

La pause déjeuner, si vous travaillez. Une vraie coupure entre le matin et l’après-midi.

Le soir, après le coucher des enfants, avant d’allumer la télévision ou le téléphone. Un rituel qui aide à déposer la journée.

Le format bijou tient dans un sac à main. Personnellement, j’ai toujours mon petit pochon Zentangle dans le mien.

Kit de démarrage Zentangle : Pochon, tuiles, feutre Pigma Micron, crayon et estompe.

La régularité compte plus que la durée d’une session. 15 minutes par jour par jour sont infiniment plus puissantes qu’une session de deux heures une fois par mois. Le cerveau apprend à entrer dans l’état de calme de plus en plus rapidement.

Ce que les femmes que j’accompagne remarquent en premier, souvent après quelques semaines : elles réagissent différemment aux situations stressantes. Plus de recul. Moins submergées par les urgences du quotidien. Et elles se retrouvent, progressivement, séance après séance — pas juste détendues, mais reconnectées à ce qui les fait se sentir elles-mêmes en dehors de leur rôle de maman.

Posez votre téléphone. Installez-vous. Respirez quelques secondes. Commencez à tracer.

Pas besoin de savoir dessiner ni d’avoir du talent. J’ai enseigné à des personnes qui n’avaient jamais dessiné de leur vie. À la fin de leur première tuile, elles regardaient leur création avec cette expression que j’appelle « l’effet waouh » : la surprise mêlée de fierté de quelqu’un qui vient de se découvrir capable de quelque chose qu’elle pensait impossible.

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