« C’est moche ce que j’ai fait » : et si le problème n’était pas le dessin ?
À travers des lignes simples et répétées, le Zentangle vient toucher un point sensible : notre difficulté à accepter ce qui n’est pas exactement comme prévu.
Ce qu’il bouscule, ce n’est pas notre technique, mais notre exigence, notre besoin de contrôle, et cette croyance tenace qu’il faudrait toujours « bien faire ».
Cet article explore ce que le Zentangle vient doucement transformer dans notre rapport à la perfection.
- « Le résultat n’est pas symétrique. »
- « Le rendu n’est pas exactement comme le tien. »
- « C’est moche ce que j’ai fait… »
Ces phrases, je les entends souvent.
Parfois murmurées. Parfois dites avec un petit rire gêné.
Toujours chargées de quelque chose de plus profond qu’un simple avis sur un dessin.
Elles ne parlent pas vraiment de traits, de formes ou de symétrie.
Elles parlent de notre rapport au résultat, de l’exigence que l’on se met, et de cette croyance tenace qu’il existerait une “bonne” manière de faire… et toutes les autres.
Or, la philosophie du Zentangle prend précisément le contre-pied de cette logique.
Le réflexe du jugement : un automatisme bien ancré
Quand on crée, surtout quand on débute, le réflexe est souvent le même : on compare.
- À l’exemple montré
- À ce que fait la personne à côté
- À une image idéalisée de ce que ça aurait dû être
Et très vite, le verdict tombe.
Pas assez droit. Pas assez régulier. Pas assez joli.
Pas comme prévu. Ce réflexe n’est pas un défaut personnel.
Il est le fruit d’années d’injonctions plus ou moins explicites : bien faire, faire propre, faire juste, faire beau.
Et surtout : ne pas se tromper.
La symétrie comme illusion de contrôle
La symétrie rassure.
Elle donne l’impression que tout est à sa place, que rien ne déborde, que tout est maîtrisé.
Mais dans le vivant, la symétrie parfaite est rare.
Les feuilles, les branches, les nuages, les lignes de la main : rien n’est strictement identique, et pourtant tout est cohérent.
En Zentangle, une ligne qui tremble, une forme un peu plus large, un espace moins régulier ne sont pas des erreurs.
Ce sont des traces de présence.
Chercher à tout rendre parfaitement symétrique, c’est souvent tenter de reprendre le contrôle… là où l’invitation est justement de le relâcher.

« Ce n’est pas comme le tien » : et heureusement !
L’une des grandes confusions fréquentes consiste à croire qu’il existerait un modèle à reproduire fidèlement.
Or, en Zentangle, il n’y a pas de dessin “juste” à atteindre.
Il y a une expérience à vivre.
Deux personnes peuvent suivre exactement les mêmes étapes, utiliser les mêmes motifs, le même papier, le même feutre… et obtenir deux résultats radicalement différents.
Ce n’est pas un problème.
C’est le cœur même de la pratique.
Chaque dessin devient le reflet d’un moment, d’un état intérieur, d’un rythme propre.
Comparer revient alors à nier ce que le processus a de profondément singulier.
« C’est moche » : quand notre regard est plus dur que la réalité
Derrière cette phrase, il y a souvent plus que du goût esthétique. Il y a une voix intérieure exigeante, parfois cassante, qui juge vite et fort.
Et cette voix ne s’arrête généralement pas au dessin.
Le Zentangle ne cherche pas à la faire taire par la force.
Il l’invite plutôt à être observée.
Que se passe-t-il quand on continue malgré l’inconfort ?
Quand on ajoute une ligne, puis une autre, sans corriger, sans gommer, sans effacer ?
Souvent, quelque chose se détend.
Le regard change.
La rigidité laisse place à une forme de curiosité.

Le processus avant le résultat
La philosophie du Zentangle repose sur quelques principes simples, mais puissants :
pas de gomme, pas de jugement, pas d’objectif de performance.
L’attention est portée sur le geste, sur la respiration, sur la répétition du trait.
Le résultat final n’est qu’une conséquence, pas un but.
Et paradoxalement, c’est souvent lorsque l’on cesse de vouloir “réussir” que quelque chose de juste émerge.
Et si l’imperfection était le vrai point d’appui ?
Accepter qu’un dessin ne soit pas symétrique,
qu’il ne ressemble pas à celui du voisin,
qu’il ne corresponde pas à l’image mentale de départ,
ce n’est pas renoncer.
C’est changer de posture.
C’est passer de « est-ce que c’est assez bien ? » à « qu’est-ce que j’ai vécu en le faisant ? »
Dans un monde saturé d’images parfaites, de filtres et de mises en scène, s’autoriser une création imparfaite, vivante, personnelle, est déjà un acte profondément apaisant.

En pratique
La prochaine fois qu’une pensée du type
« ce n’est pas droit »,
« ce n’est pas réussi »,
« ce n’est pas comme il faudrait »
apparaît pendant que vous dessinez…
Essayez simplement de la noter intérieurement.
Puis continuez. Une ligne après l’autre.
Le Zentangle n’est pas là pour produire du beau.
Il est là pour vous ramener à l’expérience, à la présence, au geste.
Et c’est souvent là que tout se rééquilibre.
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